PoèmePartie « Just a Breath of Freedom »
Government Assistance or My Soul
Mieux vaut avoir faim que livrer son âme à l'État : Tupac règle ses comptes avec les préjugés sur la pauvreté, le chômage et l'aide sociale.
- Livre
- The Rose That Grew from Concrete (1999)
- Partie
- Just a Breath of Freedom
- Texte original
- non reproduit (droits d’auteur) ; voir le livre
Mieux vaut souffrir de la faim dans la rue que vendre son âme à l’État : par ce choix sans concession, Tupac Shakur trace une frontière nette. Government Assistance or My Soul figure dans la troisième partie de The Rose That Grew from Concrete, « Just a Breath of Freedom ».
Ce poème a un jumeau : quelques pages plus loin vient Or My Soul, qui aborde le même dilemme sous un autre angle et qui, d’après le livre, est dédié à sa mère ainsi qu’à « the Powers That B ».
Une panthère ne demande pas de viande à son chasseur
Le poème s’ouvre sur une comparaison : accepter l’aide publique reviendrait, pour une panthère, à demander de la viande au chasseur de panthères. Cette image fait écho à Can U C the Pride in the Panther, situé dans la même partie du livre, ainsi qu’au passé de Black Panther de la mère de Tupac, Afeni Shakur. L’État n’apparaît pas ici comme un soutien, mais comme un adversaire.
Le narrateur s’insurge ensuite contre deux préjugés : les décrocheurs scolaires ne sont pas stupides, et tous les chômeurs ne sont pas des paresseux. Il admet souffrir de la faim bien des jours. Malgré tout, il préférerait rester affamé et sans-abri plutôt que d’abandonner son âme au gouvernement américain.
Grandir dans la pauvreté : Tupac répond avec dignité
Le poème puise directement dans son vécu. Tupac a grandi dans la pauvreté, et à Marin City, la famille vivait à la fin des années 1980 dans des conditions difficiles. Lui-même n’a pas obtenu de diplôme régulier de high school et a passé plus tard le GED, l’équivalent américain du diplôme de fin d’études secondaires. Le vers consacré aux décrocheurs scolaires peut dès lors se lire comme une défense de son propre parcours. Il s’agit d’une interprétation, mais elle coule de source.
La fierté de refuser l’aumône doit être replacée dans le contexte de la fin des années 1980 : le débat sur l’aide sociale aux États-Unis était alors lourdement marqué par des préjugés envers les familles noires. Selon la préface d’Afeni, le poème a vu le jour entre 1989 et 1991 ; aucune date plus précise n’est attestée. Tupac ne répond pas à ces préjugés par des chiffres, mais par une posture de principe.
L’introduction propose une vue d’ensemble du recueil et de la totalité des poèmes.