594 mots · 3 min
Can't C Me
Deuxième production de Dr. Dre sur « All Eyez on Me » (1996) : George Clinton au micro, Funkadelic en sample, un beat prévu pour un autre projet.
- Album
- All Eyez on Me, 13 février 1996 (disque 2, piste 1)
- Label
- Death Row Records / Interscope Records
- Production
- Dr. Dre
- Invité
- George Clinton ; chœurs supplémentaires : Nanci Fletcher
- Auteurs
- Tupac Shakur, Andre Young (Dr. Dre), George Clinton
- Samples
- (Not Just) Knee Deep (Funkadelic), I’m Only Out for One Thang et Get Off My Dick and Tell Yo Bitch to Come Here (Ice Cube), What’s My Name (Snoop Dogg), Shake, Rattle and Roll (Big Joe Turner)
- Durée
- 5:31
Can’t C Me ouvre le second CD de All Eyez on Me et, avec le remix de California Love, c’est l’une des deux seules productions de Dr. Dre sur le double album. Le morceau sonne comme ce que Dre avait érigé en marque de fabrique au début des années 1990 : un funk lourd, un synthétiseur qui siffle, beaucoup d’espace. Avec George Clinton, on retrouve l’homme dont le catalogue est à l’origine de ce son.
Genèse
D’après un article de Revolt (2018), le beat était à l’origine destiné à Helter Skelter, l’album commun de Dr. Dre et d’Ice Cube qui n’est jamais sorti. Tupac l’a finalement récupéré pour son album Death Row. Cela cadre avec les samples : deux titres d’Ice Cube et What’s My Name de Snoop sont cités, ainsi que le classique du rock’n’roll de Big Joe Turner. La base est (Not Just) Knee Deep de Funkadelic, un morceau de George Clinton que Dre avait déjà utilisé des années plus tôt pour son propre tube Dre Day (Wikipédia à propos de Knee Deep).
Clinton, tête pensante de Parliament et de Funkadelic, intervient en invité ; il figure aussi parmi les auteurs. L’enregistrement fait partie des sessions d’octobre à décembre 1995 à Tarzana ; aucune date précise n’est établie pour ce titre. The Ringer (2021) compte Can’t C Me et la version de California Love comme les deux contributions de Dre à l’album.
De quoi parle le morceau
Le titre (« tu ne peux pas me voir ») inverse l’attitude du morceau-titre. Là où All Eyez on Me déplore d’être épié, Tupac affirme ici : vous ne pouvez rien contre moi. Revolt (2021) résume le morceau ainsi : il trace une frontière et exige des autres qu’ils choisissent entre le soutenir et se dresser contre lui. Il y célèbre sa liberté après la prison et sa volonté de réussir financièrement.
Que ce soit justement Dre qui ait fourni ce beat prend, avec le recul, une résonance particulière. Un peu plus de trois mois après la fin des enregistrements, en mars 1996, Dre quittait Death Row ; Tupac l’a ensuite attaqué sur Makaveli (voir Dr. Dre). Can’t C Me est ainsi l’un des derniers témoignages de leur collaboration.
Chiffres
Le titre n’est pas un single. En streaming, il a atteint environ 247 millions d’écoutes sur Spotify au 7 octobre 2026 (d’après kworb.net), ce qui le place derrière Only God Can Judge Me. Aucune certification pour ce titre n’est attestée dans les sources consultées.
Postérité
Sur l’album, le morceau ouvre le « Book 2 », donc la seconde moitié, après le CD qui commence par Ambitionz az a Ridah. Il montre combien d’intervenants Death Row a réunis sur un seul titre en 1995 : Dre, Clinton et Fletcher, ainsi que des citations d’Ice Cube et de Snoop. Et il montre à quel point la côte Ouest des années 1990 reposait sur le funk des années 1970, car la filiation de Funkadelic à Tupac en passant par Dre s’entend ici très clairement.
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