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All Eyez on Me (chanson)
Le morceau-titre du double album de 1996 : premier beat de Johnny « J » après la sortie de prison de Tupac, avec Big Syke, entre surveillance et triomphe.
- Album
- All Eyez on Me, 13 février 1996
- Label
- Death Row Records / Interscope Records
- Production
- Johnny « J »
- Invité
- Big Syke
- Enregistrement
- 30 octobre 1995 (selon 2PacLegacy, cité par Wikipédia)
- Sample
- Never Gonna Stop de Linda Clifford (original d’Exile)
- Auteurs
- Tupac Shakur, Johnny Jackson, James Pennington
Le morceau-titre de All Eyez on Me n’a pas été tiré en single et a peu tourné à la radio en 1996. Il est pourtant aujourd’hui l’un des titres les plus écoutés de Tupac : près de 921 millions de streams Spotify pour une chanson qui associe d’un même souffle surveillance et posture de vainqueur. Le beat est né lors de la première séance en studio après sa sortie de prison.
Genèse
D’après les souvenirs de Johnny « J », Tupac l’a appelé deux jours après sa libération : il devait venir au studio, il était désormais chez Death Row. Le producteur a d’abord cru à une blague. Au studio, a-t-il raconté dans une interview publiée par XXL, il a commencé par charger dans la boîte à rythmes le beat de All Eyez on Me. Il ne voulait pas vraiment le montrer, le jugeant inachevé ; sa femme lui a dit que le beat était fort. Tupac aurait livré le texte aussitôt.
La base est une boucle tirée de Never Gonna Stop de Linda Clifford, reprise d’un titre du groupe Exile. Johnny « J » a rejoué la ligne de basse et densifié la batterie, si bien que la boucle claque plus fort que dans d’autres usages ; les Trackmasters avaient retourné le même modèle peu avant pour Street Dreams de Nas (The Source, 2017). La date exacte de l’enregistrement n’est transmise que par le site de fans 2PacLegacy, qui donne le 30 octobre 1995. Les séances du double album se sont étalées du 13 octobre au 18 décembre 1995 aux Can-Am Studios de Tarzana.
De quoi il est question
Le titre signifie : tous les yeux sont sur moi. Tupac y exprime le sentiment d’être constamment observé depuis les tirs de 1994 et la prison, par la police comme par ses rivaux. En même temps, il se pose en patron que rien ne détourne de la vie « thug ». Revolt et Wikipédia en anglais lisent la chanson comme un mélange de paranoïa et de triomphe. Big Syke, déjà présent chez Thug Life, y est entendu en invité.
Le ton colle à l’album : moins d’analyse sociale que sur Me Against the World, davantage d’image de soi. Le critique britannique Roger Morton a décrit dans NME (2 mars 1996) plusieurs morceaux de l’album, dont celui-ci, comme « superbly unsettling, unprecedented renderings of the fear-soaked, hardcore-G mentality » (des représentations superbement troublantes et inédites de la mentalité hardcore-G imprégnée de peur).
Chiffres et certifications
La chanson n’a aucune place au Hot 100 ; son succès est venu de l’album et du streaming. Au 7 octobre 2026, la version de l’album avait atteint environ 921 millions de streams Spotify (décompte de kworb.net). Les certifications datent de l’ère du streaming : platine au Danemark (2026) et au Royaume-Uni (2026), or en Allemagne (2024), en Italie (2023) et en Espagne (2024), triple platine en Nouvelle-Zélande (2024). Un « Gangsta Mix » de DJ Dark & Mentol, publié en 2023, a atteint la 23e place des classements radio russes.
Postérité
Le titre a donné son nom au film de 2017 (All Eyez on Me, réalisé par Benny Boom). L’album dont la chanson est issue est entré au Grammy Hall of Fame le 11 février 2026. Une version remixée avec Big Syke est parue en 2003 sur Nu-Mixx Klazzics, la compilation de remixes de Death Row. Big Syke est mort le 5 décembre 2016, à 48 ans.
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