838 mots · 4 min
Autres procédures 1991 à 1996 : Oakland, Allen Hughes, Michigan et le litige autour de la musique de Tupac
De la violence policière à Oakland au coup de batte au Michigan : les procédures mineures contre Tupac et un litige autour de sa musique.
Un jeune homme tour à tour plaignant, prévenu et accusé devant les tribunaux : en dehors des grandes affaires de Marin City, Atlanta et New York, plusieurs procédures mineures garnissent le dossier de Tupac. La page Les affaires judiciaires de Tupac en offre une vue d’ensemble.
Dix millions de dollars contre la ville d’Oakland
Le 17 octobre 1991, les policiers Alex Boyovic et Kevin Rogers interpellèrent Tupac à Oakland parce qu’il avait traversé au feu rouge. Selon Tupac, les agents l’étranglèrent, le jetèrent au sol et lui frappèrent la tête contre le béton. Il poursuivit la ville pour violences policières et réclama dix millions de dollars.
L’affaire se conclut par un accord transactionnel portant sur environ 42 000 à 43 000 dollars (le montant varie selon les sources ; Wikipedia s’appuie sur le New York Times). La somme était certes très inférieure à la demande initiale, mais comme il s’agissait d’une transaction et non d’un jugement, le versement ne constitue pas un aveu de responsabilité juridique de la part de la ville.
Allen Hughes 1993/94 : un coup de poing et 15 jours de prison
À l’origine, Tupac avait été choisi pour le rôle de Sharif dans le film Menace II Society des réalisateurs Allen et Albert Hughes, avant d’être remplacé par Vonte Sweet. Deux versions circulent sur les raisons de ce remplacement : soit un conflit avec Allen Hughes, soit des désaccords sur le scénario. Ce qui est établi, c’est qu’au printemps 1993, lors d’un tournage de clip, Tupac frappa Hughes.
L’une des preuves présentées lors du procès ultérieur fut une apparition dans l’émission Yo! MTV Raps, au cours de laquelle Tupac se vantait d’avoir tabassé le réalisateur (Wikipedia). Le 10 février 1994, il fut reconnu coupable de coups et blessures. Le juge George H. Wu prononça le 10 mars 1994 une amende, des travaux d’intérêt général et 15 jours de détention dans le comté de Los Angeles (UPI). Ce fut la première peine de prison de Tupac. Allen Hughes a déclaré en 2023 à Yahoo Entertainment que Tupac s’était excusé à plusieurs reprises auprès de lui et qu’il l’avait apprécié.
Michigan 1993/94 : la batte de baseball
Après un concert à la Michigan State University à East Lansing, Tupac eut une altercation le 5 avril 1993 avec le rappeur Chauncey Wynn, du groupe M.A.D. Tupac aurait lancé un microphone et frappé Wynn avec une batte de baseball, ce qui lui valut d’être inculpé pour coups et blessures aggravés.
Tupac affirma que la batte faisait partie de son spectacle et qu’il n’avait jamais frappé personne. Le 14 septembre 1994, il plaida finalement coupable d’un délit de moindre gravité. La peine s’éleva, selon Wikipedia, à 35 heures de travaux d’intérêt général et 30 jours de détention, dont 20 furent assortis du sursis.
Détention d’arme et violations de la mise à l’épreuve
Lors d’un contrôle routier à Los Angeles en avril 1994, les policiers trouvèrent un pistolet semi-automatique dans la voiture de Tupac. En raison d’une condamnation antérieure datant de 1993, la détention de cette arme constituait un crime. Tupac plaida coupable au printemps 1996.
Par ailleurs, un tribunal de Los Angeles prononça le 4 avril 1996 une peine de 120 jours de détention. Tupac avait violé les conditions de sa mise à l’épreuve, notamment parce qu’il n’avait pas effectué ses travaux d’intérêt général. En raison d’appels en cours, il ne purgea pas cette peine. La sentence relative à l’affaire de l’arme devait être prononcée le 12 septembre 1996. À cette date, Tupac était déjà grièvement blessé à l’hôpital (Fusillade de 1996).
Actions en justice contre la succession
Après la mort de Tupac, plusieurs parties engagèrent des poursuites contre sa succession. C. DeLores Tucker intenta une action en 1997 à propos de paroles la mentionnant dans deux chansons ; la plainte fut rejetée (C. Delores Tucker). Jacques Agnant, l’homme de l’affaire new-yorkaise, déposa également une plainte. Il contestait le morceau Against All Odds, dans lequel Tupac le qualifiait d’indicateur. Un tribunal fédéral de New York rejeta la plainte en 1998 (Agnant v. Shakur). Un autre plaignant fut Billy Garland : il réclamait la moitié de l’héritage et fut débouté en décembre 1997 (Billy Garland).
Un sample freestyle en Corée du Sud
Un litige portant sur de la musique non licenciée figure dans Wikipedia sous l’intitulé « plainte Tupac Records ». En avril 2004, Amaru Records annonça son intention de poursuivre le groupe sud-coréen Baby V.O.X. et son agence. Le reproche : le groupe aurait utilisé sans autorisation un enregistrement de Tupac réalisé en prison, un freestyle, dans l’une de ses chansons.
Baby V.O.X. rétorqua avoir acquis légalement le sample auprès d’une société nommée Bungaroo Music. Le groupe fit également valoir qu’Amaru ne détenait de toute façon pas l’intégralité des droits sur ce matériel. L’issue de l’affaire est présentée de manière contradictoire selon les sources. Wikipedia évoque un malentendu, l’acquisition légale ayant été confirmée. Le groupe renonça au single. Pour en savoir plus sur le label, voir Amaru Entertainment.
Personnes dans ce texte