PoèmePartie « The Rose That Grew from Concrete »
When Ure Heart Turns Cold
À des amis qui s'interrogent sur lui : Tupac décrit comment la pauvreté et la violence glacent un cœur, comme une explication, non comme une excuse.
- Livre
- The Rose That Grew from Concrete (1999)
- Partie
- The Rose That Grew from Concrete
- Dédicace
- 2 Kristen & My Other Friends Who Wonder
- Texte original
- non reproduit (droits d’auteur) ; voir le livre
« 2 Kristen & My Other Friends Who Wonder » : la dédicace s’adresse à Kristen et à d’autres amis qui s’interrogent sur lui. Avec When Ure Heart Turns Cold, Tupac répond à leur question tacite : pourquoi se comporte-t-il ainsi ? Le poème figure dans la première partie de The Rose That Grew from Concrete. On le trouve fréquemment avec la faute de frappe « When Ur Heeart Turns Cold » ; l’adresse conserve cette graphie, tandis que le titre suit celle du livre.
D’abord l’âme gèle, puis l’esprit
Tupac décrit le froid comme une maladie qui se propage de l’intérieur : d’abord l’âme gèle, puis l’esprit tout entier. Des murs qui étaient autrefois ouverts se dressent de nouveau solidement. Ils protègent à la fois de la haine et de l’amour, de la douleur et de la joie, jusqu’à ce que l’on ne ressente plus rien du tout.
Pour que « le produit » soit vendu : le quotidien à Marin City
Dans la seconde partie, le tableau devient concret et rude. Pour qui a le cœur froid, les pleurs d’un bébé ne signifient rien, un cadavre est une broutille, les enfants délaissés font partie du quotidien. La solitude devient une habitude, la mort ressemble au repos, le sommeil est presque inexistant. On oublie ses idéaux et l’on fait taire la raison pour que « le produit » soit vendu, une allusion limpide au trafic de drogue dans des quartiers comme Marin City, où Tupac vivait à partir de 1988. Le vers final s’adresse directement aux amis : ils ne comprennent pas son comportement, pas encore.
Une conséquence de l’environnement, non une excuse
Ce poème est remarquable parce qu’il décrit un endurcissement sans le célébrer. Tupac le montre comme une conséquence de l’environnement, non comme un trait de caractère. The Power of a Smile, où un sourire guérit un cœur gelé, en constitue un pendant. L’association entre le quotidien de la rue et l’insensibilisation intérieure marquera plus tard nombre de ses morceaux ; il s’agit là d’une mise en perspective, non d’une déclaration de Tupac au sujet de ce poème.
Sur l’album The Rose That Grew from Concrete (2000), la poétesse Sonia Sanchez lit le texte. Le poème n’est pas daté ; selon la préface, les poèmes du recueil datent des années 1989 à 1991.
En savoir plus sur le livre et retrouver l’ensemble des poèmes dans l’introduction.