PoèmePartie « The Rose That Grew from Concrete »
Untitled (Please Wake Me When I'm Free)
Plutôt devenir aveugle que muet : comment Tupac rêve dans « Untitled » de l'héritage africain et décrit le réveil amer dans la pauvreté.
- Livre
- The Rose That Grew from Concrete (1999)
- Partie
- The Rose That Grew from Concrete
- Texte original
- non reproduit (droits d’auteur) ; voir le livre
Aucun titre propre, seulement un sobre Untitled : parce que le recueil The Rose That Grew from Concrete contient trois poèmes sans titre, cette page désigne la pièce d’après son premier vers sous le titre Untitled (Please Wake Me When I’m Free). On la nomme parfois aussi « Untitled Poetry ». Dans le livre, l’œuvre figure dans la première partie, entre When Ure Heart Turns Cold et The Eternal Lament, un texte sur les origines perdues, le rêve de liberté et le réveil dans la pauvreté.
Dans le rêve règnent des rois, au réveil gouverne la pauvreté
Le narrateur demande qu’on le réveille lorsqu’il sera libre, car il ne supporte pas la captivité. Il ne s’agit pas d’une cellule de prison, mais d’une société dans laquelle on lui répète que sa culture n’a aucune importance. En son milieu s’ouvre une vision de rêve : avec son « œil intérieur », il voit un peuple qui régnait ailleurs en rois, dans un monde rempli d’arbres verdoyants, où les hommes et les femmes étaient égaux et où la guerre avait disparu.
Puis vient le réveil, comme au sortir d’un cauchemar : il vit en prisonnier de la pauvreté. Le poème se conclut par l’idée qu’il préférerait devenir aveugle plutôt que de vivre privé de la liberté d’exprimer ses pensées.
L’Afrique comme patrie perdue dans la tradition du Black Power
L’image des rois « en un autre lieu » renvoie à l’Afrique comme patrie perdue, un motif qui jouait un rôle majeur dans la tradition du Black Power dont était issue la famille de Tupac. Tupac la relie à sa propre situation : l’absence de liberté est pour lui à la fois culturelle et économique. Que l’expression soit plus importante pour lui que la vue correspond bien à un jeune homme de dix-neuf ans qui commençait tout juste à trouver sa voix en tant que rappeur et poète. Cette mise en perspective relève d’une interprétation.
Mis en musique sur l’album de 2000
Sur l’album The Rose That Grew from Concrete (2000), le poème ouvre la série des interprétations sous le titre Wake Me When I’m Free, avec le percussionniste Babatunde Olatunji. Le texte n’est pas daté ; selon la préface, les poèmes ont été écrits entre 1989 et 1991.
En savoir plus sur le livre et retrouver tous les poèmes dans l’introduction.