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11/11/1998495 mots · 2 min

« A Soldier Misunderstood » : un essai de fan contre l'image médiatique

Deux ans après la mort de Tupac, Brian Castillo répliquait : Tupac n'était pas un gangster, mais un soldat. Un essai de fan de 1998 et sa part de vérité.

Original : « Tupac Shakur: A Soldier Misunderstood » · Média inconnu · Brian Castillo · 11 novembre 1998

« I got crucified to the media. » C’est avec cette citation de Tupac que Brian Castillo ouvrait son essai le 11 novembre 1998. Deux ans après la mort de Tupac, il ne rédigeait pas un article de presse, mais le texte d’opinion partisan d’un fan. Selon sa thèse, quiconque ne connaît pas Tupac le prend pour un jeune Noir en colère prêchant la violence. La faute en incomberait avant tout à la couverture médiatique : celle-ci braquerait son microscope sur les rares taches d’une surface par ailleurs éclatante.

Un soldat plutôt qu’un gangster

Castillo se demandait pourquoi Tupac avait été à ce point pris pour cible, et supposait que c’était parce qu’il avait quelque chose de dérangeant à dire. Il le décrivait comme un « soldat » qui redonnait courage aux jeunes Noirs à travers sa musique, ses poèmes et ses interviews, tout en dénonçant les injustices. À la fin, il affirmait que Tupac continuait de vivre dans chaque chanson, chaque magazine et chaque conversation à son sujet, ainsi que dans un vaste héritage d’œuvres inédites. Le lieu de parution de cet essai à l’époque demeure indéterminé : son origine et sa première publication n’ont pas pu être établies.

Condamnations réelles et nécrologies unilatérales

Le texte est partial et revendique de l’être. L’image d’une surface presque immaculée comportant « une ou deux taches » occulte le fait que Tupac a été condamné en 1994 pour agression sexuelle et a comparu à plusieurs reprises devant la justice pour des actes de violence. La critique des médias comporte toutefois un fond de vérité. De nombreuses nécrologies de 1996 voyaient avant tout en lui le gangster ; le New York Times intitulait la sienne « un artiste de rap qui incarnait la violence ».

De l’image du gangster au Hall of Fame

Depuis lors, cette image a nettement évolué dans le sens décrit par Castillo. En 2010, la Library of Congress a inscrit Dear Mama au National Recording Registry, l’un des premiers morceaux de rap à y être admis. En 2017, Tupac a été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame, et a reçu en 2023 une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Ses poèmes et ses textes font depuis longtemps l’objet de cours universitaires, et de nombreux albums posthumes ont paru depuis 1997.

La thèse de l’artiste incompris est aujourd’hui largement répandue, mais le débat sur les aspects sombres de sa vie reste néanmoins légitime. La phrase de conclusion de Castillo renvoie à un aspect souvent occulté par l’image du gangster : Tupac n’aurait omis de mentionner Dieu que dans très peu de chansons. Des titres comme So Many Tears ou Hail Mary attestent précisément de ces références religieuses.

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